samedi , octobre 17 2020

Toxicomanie et Alcoolisme

Définition

L’alcoolisme est une dépendance, une addiction. Nous prendrons soin de le différencier d’une consommation excessive occasionnelle. Cette dernière peut également représenter des dangers (santé, circulation routière, accidents du travail), mais ne constitue pas une dépendance.
Par contre, il faut savoir qu’il y a dépendance, même en cas de consommation modeste, quand celle-ci est devenue régulière, que le besoin en est impérieux et que les doses ont tendance à progressivement augmenter. 
Cet article n’est pas un article sur la consommation d’alcool en général, mais sur la situation de dépendance. Même si l’alcoolisme ne devient apparent que lorsque les doses sont devenues assez importantes, il a généralement commencé  bien avant et s’est installé insidieusement.
Les aspects psychologiques de ce mécanisme de dépendance nous conduiront à évoquer le cas d’autres addictions au cours de cet article.

Dangers psychologiques d’une attitude de lutte

Avant d’aborder le paragraphe sur la dépendance psychologique, je souhaite clarifier les dangers d’une attitude guerrière vis-à-vis de l’alcool.

Trop d’associations visent à se réunir pour être fort contre l’alcool. Le dévouement y est remarquable et il est excellent de se réunir pour se soutenir, s’encourager, partager entre personnes qui ne jugent pas et sont capables de comprendre.

Mais le fait de mépriser l’alcool est un piège. Le fait de vouloir prendre de la distance avec la période alcoolisée est également maladroit. Se dire «j’étais nul, j’étais moche, mais maintenant je suis fort et je suis quelqu’un de bien» est encore une rupture. Le piège est discret mais dangereux.

J’ai vu de telles erreurs dans une association où j’ai participé en tant que bénévole. J’étais attristé d’y voire que le projet maladroit était d’être fort contre l’ennemi alcool. Lors des réunions, les membres se présentaient en annonçant «Bonjour, je suis malade

alcoolique…» Sous prétexte d’assumer sa situation, celle-ci, malencontreusement, devenait une identité. Il serait plus judicieux d’annoncer «Bonjour, je suis Mr Untel, et je souffre de maladie alcoolique» ou «je souffre d’une sensibilité, ou vulnérabilité à l’alcool»;
Après ce départ maladroit ces réunions étaient basées sur le fait de se soutenir pour être fort pour lutter contre l’ennemi que représente l’alcool. On se serre les coudes pour ne plus se laisser avoir.

Pour se divertir aussi, on organise des sorties, des pique-niques … on parle de mille choses. Mais ni les membres de l’association, ni les infirmiers psy, ni le psychiatre qui les accompagnaient n’envisageaient à aucun moment un regard sur la raison.

Dans ce contexte, le président de cette association, abstinent depuis vingt ans, a rechuté! Et la rechute impliquait l’exclusion du groupe (il fallait retrouver l’abstinence pour revenir).
Cette rigidité, ce manque de chaleur humaine, ce manque de compréhension, les jugements portés sur la faiblesse de la rechute… autant de maladresses, éloignant d’une possible liberté vis-à-vis de l’alcool.

Dépendance psychologique

L’utilisation d’une stratégie d’évitement est pulsionnelle (pulsion de survie)… mais aussi hélas culturelle.

Ce que la société, bien pensante, ne voit pas, c’est que d’un côté elle condamne (à juste titre) l’alcool et la drogue… et d’un autre, recommande la fuite face aux difficultés.
Par exemple quand l’enfant pleure on lui dit «c’est rien… regarde le beau jouet» Quand l’ado a un chagrin d’amour on lui dit «Bof ! Un de perdu dix de retrouvés. Pense plutôt à ton avenir» Puis quand l’adulte vit une souffrance importante, comme un deuil par exemple… son médecin lui prescrira un psychotrope. Ajoutons à cela des «tu t’écoutes trop», «soit fort», «domine toi», «dépasse toi…» On voit bien qu’il n’a pas de recommandations pour l’écoute de soi par soi.

Tout ce prosélytisme social pour le déni, enferme le malade alcoolique et augmente l’épaisseur de sa forteresse.

Pour se libérer de sa dépendance psychologique le malade alcoolique devra d’abord reconnaître qu’il boit. Pour cela il faut qu’on lui accorde qu’il a une raison de boire. Il s’agira donc de trouver et de reconnaître sa raison de boire. Puis d’apporter un soin à cette raison. Ensuite, veiller à avoir du respect pour la période alcoolisée (où il a fait pour le mieux avec ce dont il disposait). Pour finir, j’oserai même dire qu’il devra savoir «être reconnaissant envers l’alcool» pour le soutien qu’il a représenté pendant ce temps. Quand on n’a plus besoin d’une béquille, il est ingrat de la condamner.
Même si tout cela nécessite de la discipline et des protocoles de désintoxication, le soutien psychologique qui l’accompagne se voudra tout en douceur et en respect.
Nous allons aborder maintenant comment apporter ce soutien psychologique.

Aide du malade alcoolique

Nous rencontrerons au moins six étapes à parcourir. Pour commencer, l’aidant doit se positionner dans un état d’esprit adéquat.

Confiance et ouverture vers la raison

L’aidant doit être un allié de cette pulsion de vie tout en respectant la pulsion de survie.

Attention, le projet ne doit pas être l’arrêt de l’alcool Le projet est d’abord la localisation puis la réhabilitation de la raison qui a conduit à boire. Si au départ l’aidant se focalise sur l’arrêt de l’alcool, il ne peut aboutir sérieusement. Il risque même de provoquer un recul de la personne aidée.
Il ne peut se poser comme un ennemi de la pulsion de survie (poussant à boire) en insistant sur l’impérieuse nécessité de l‘abstinence.

Il ne peut non plus se poser comme un ennemi de la pulsion de vie (poussant à revenir vers la zone de vie blessée) en invitant à prendre une distance avec le passé pour en être moins affecté.

Naturellement le projet est que le patient devienne libre de l’alcool. Mais pour y parvenir le respect de ces pulsions de vie et de survie est fondamental. Le point de départ ne peut être «il faut arrêter», mais plutôt «à quoi ça sert».

Localisation de la raison

Pour aider l’alcoolo- dépendant, quand l’état d’esprit est correct, le Guidage non directif sera l’outil majeur pour localiser la raison.

Pour cela il n’est pas besoin que le malade alcoolique se sente fort ou soit adroit. Il lui suffit de décrire ce qu’il ressent. Ses ressentis sont un bon guide.

Parfois la raison se trouve dans des éléments de son histoire connue, directement accessibles. Dans ce cas il n’y a pas vraiment besoin d’un guidage non directif approfondi pour aboutir à la raison initiale. Il m’est arrivé de demander à une femme alcoolique depuis quand l’alcool lui est nécessaire. Elle me répond «ça ne doit pas avoir de rapport, mais je crois que c’est depuis la période où j’ai fait une IVG que je ne souhaitais pas» En vérité cela avait bien un rapport, car cette partie de sa vie de femme était restée douloureusement tue…  Mais même quand ces éléments d’histoire sont connus le lien n’a souvent pas été fait auparavant avec le ressenti douloureux actuel. Dans ce cas le guidage non directif permet de trouver rapidement ce lien.

Quand ces éléments ne sont pas consciemment connus par le patient, un guidage non directif approfondi devient nécessaire. Partant du ressenti actuel du patient, un enchaînement de questions pertinentes permet d’accéder rapidement à la raison. Il s’agit d’un Guidage car l’écoutant guide par des questions. Mais il est Non directif car il ne fait, que poser des questions reprenant ce qui vient d’être exprimé (en verbal et non verbal), afin d’aboutir à une précision supplémentaire. A aucun moment l’aidant ne prévoit une réponse.

Il doit impérativement se considérer comme ignorant. Celui qui sait, c’est l’écouté. La seule direction qui compte, c’est la sienne. Au fur et à mesure des questions, le fil de sa raison se déroule dans le labyrinthe de sa pensée… jusqu’à aboutir au fondement du ressenti. 

Après chaque réponse, l’écoutant doit rester en non savoir de ce qui va suivre. Tout en guidant, il se laisse conduire par les précisions qui lui sont révélées.
Par exemple :

Thérapeute : «Il vous est important de boire ?» Question fermée avec un non verbal respectueux, reconnaissant la pertinence d’une raison, même si, à ce stade elle n’est pas connue.
Malade : «Assez important!»
Thérapeute : «Pour quelles raisons vous est-il important de boire ?» 
Question ouverte, maintenant possible pour accéder à une précision.
Malade : «ça me soulage»
Thérapeute : «Ok. De quoi cela vous soulage-t-il?»
Malade : «de ma solitude»
Thérapeute : «La solitude vous est douloureuse?»
Malade : «oui»
Thérapeute «D’accord. De quelle manière cela vous est-il douloureux?»
Malade «Comme si personne ne m’aimait»
Thérapeute : «Il vous est souvent arrivé de ressentir cela?»
Malade «Oh oui»
Thérapeute «Ok. Une de ces fois a-t-elle été plus douloureuse que les autres?»
Malade : «Oui. J’avais cinq ans. Fière de faire voir mon déguisement de fée, je me suis présentée devant ma grand-mère avec mon costume. Comme j’étais un peu rondouillarde, au lieu de me complimenter elle m’a dit personne ne se moque de toi dans cette tenue?»
Là nous avons localisé la raison, ou au moins une raison possible. La pulsion de survie amènera cette enfant à essayer d’oublier ce moment de destruction. Plus tard, adolescente ou adulte, elle trouvera en l’alcool un moyen d’appuyer cette anesthésie.

Reste à savoir quoi faire de cette émergence de la raison. Naturellement, nous ne savons pas si c’est LA RAISON. Mais peu importe. L’enfant qu’elle était à ce moment a besoin de soin et nous allons nous y consacrer.

Pour savoir accomplir le guidage non directif qui a permis d’accéder à cette raison, l’aidant doit déjà impérativement être capable de ne pas savoir à la place de celui qu’il aide. Pour approfondir cette notion, 
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Réhabiliter celui qui a bu à ses propres yeux

Les trois premiers points sont alors accomplis : 1/l’état d’esprit accordant une raison, 2/la localisation de cette raison, 3/la  réhabilitation de la zone blessée.

Il reste trois autres étapes généralement négligées, pour ne pas dire totalement inconnues.
Déjà que les trois premiers points sont rarement au rendez-vous, ces trois suivants sont à des lieux de la pensée de celui qui aide et même de l’alcoolo dépendant qui reçoit cette aide.

Dans sa pensée, le malade alcoolique abstinent  doit maintenant offrir une place d’honneur à celui qu’il était lorsqu’il buvait .

Or la tendance naturelle est plutôt d’avoir un regret de s’être tant égaré dans une consommation si destructrice. Le risque pour le malade alcoolique est de s’en vouloir d’être tombé si bas. Fier de s’en être sorti, maintenant qu’il est abstinent, il risque de développer un mépris pour celui qu’il était dans cette période alcoolisée. Or il ne peut vivre en paix en s’amputant de ce morceau de sa vie.

Notre culture nous invite trop souvent à laisser le passé. Avec des «il faut vivre dans le présent et se tourner vers le futur. A quoi bon rabâcher ce qui n’est plus?».

Il est important de comprendre qu’en effet le présent est fondamental et que de se lamenter sur le passé est néfaste. Il est tout aussi important de comprendre que les circonstances passées sont effectivement passées, mais que celui que nous étions dans ces circonstances, lui, n’a jamais cessé d’être avec nous. Il est présent en nous et fait partie de nous, de notre structure psychique. Le mépriser revient à s’amputer d’un bout de sa vie, d’un bout de soi. Or nous ne sommes stables que si nous sommes entiers.

Toute amputation d’un bout de sa vie entraîne une fragilité qui devra être compensée avec de l’énergie et des béquilles.

La rechute vient souvent du fait que c’est le seul moyen pour l’abstinent de recontacter l’alcoolo dépendant qu’il a été et qu’il rejette (sauf quand sa validation a été faite dans le processus d’aide).

C’est toujours cet antagonisme entre la pulsion de survie qui tend à jeter au loin ce qui fait mal et la pulsion de vie qui tente de le ramener afin de ne pas perdre celui que nous étions dans cette circonstance.

La première préserve judicieusement de la douleur immédiate, la seconde permet, tout aussi judicieusement de ne pas se perdre définitivement. Comme une sécurité permettant d’éviter tout effacement intempestif de la vie malgré nous.

La lutte entre les deux est inégale car la pulsion de survie consomme de l’énergie et ne fonctionne que tant qu’il y en a, alors que la pulsion de vie est un état naturel qui tend spontanément à retrouver sa position initiale. Quand l’énergie diminue ou disparaît (momentanément ou définitivement) la pulsion de vie reprend ses droits.

Il est donc judicieux de faire ce travail de rencontre et de réconciliation avant que, par manque d’énergie,  la rechute ne survienne inconsciemment comme un ultime moyen d’y parvenir!
Pour concrètement réaliser cela je demanderai au malade de mettre l’attention sur celui qu’il était dans l’époque de dépendance alcoolique et d’imaginer que celui qu’il est aujourd’hui s’en approche, puis lui signifie qu’il entend sa raison de boire, qu’il ne lui fait pas honte et qu’il lui réserve une place d’honneur dans sa pensée… pour ne pas dire dans son cœur. Ceci est extrêmement libérateur et rend la rechute moins probable.

Lui faire mesurer le service rendu par l’alcool

Après que la raison ait été validée, cette étape n’est plus qu’une formalité. Mais elle est importante. Il s’agit d’amener le patient à bien mesurer le service rendu par l’alcool. Cette étape est impossible à envisager avant d’avoir réalisé les précédentes. Ce n’est que maintenant que l’on peut considérer la compensation et l’aide à vivre qu’a représenté cette consommation pourtant néfaste par ailleurs.

A aucun moment le côté néfaste ne doit être minimisé. Ce qui est important c’est de n’être ni dans le déni du danger que représente l’alcool, ni dans le déni du service qu’il a rendu.
Cela renforce ou aide à approfondir le respect pour celui qui buvait, mais aussi cela permet de mieux reconnaître à quel point il y avait difficulté et à quel point l’alcool a été une aide. Le côté néfaste n’est pas nié, mais l’aide reçue non plus.

Cela va permettre la dernière étape : laisser sa béquille sans rupture.

L’inviter à laisser sa béquille sans rupture

On ne peut être libre de ce qu’on méprise. Le mépris crée involontairement une sorte d’attachement.  L’attachement ne concerne pas que les «papouilles» et les gentillesses. C’est aussi un enchaînement avec des chaînes au sens propre du terme qui concerne les zones de mépris.

Vous remarquerez qu’il n’y a rien de tel que de détester quelqu’un pour ne penser qu’à lui, pour ne parler que de lui. Ceux que nous détestons occupent plus souvent nos conversations que ceux que nous aimons. C’est dire si notre attachement est grand quand nous sommes en rupture.

Pour l’alcool il en est de même. Il est judicieux de ne pas laisser actif un tel attachement. Comme une béquille il a été une aide à vivre, même s’il a représenté un danger.

Celui qui a une jambe dans le plâtre peut néanmoins marcher grâce à une paire de béquilles. Puis, quand sa jambe est guérie, il laisse les béquilles… et il ne lui viendrait pas à l’idée de les mépriser. Au contraire il leur sera reconnaissant pour l’aide qu’elles lui auront procurée pendant ce temps d’invalidité.  

De la même manière, quoi que cela puisse sembler surprenant, l’alcool ayant rendu un service il va s’agir maintenant de le remercier pour ce service.

Toutes les étapes précédentes accomplies on invitera alors le malade alcoolique à quitter sa béquille sans mépris… et même avec reconnaissance. Il prend congé de ce qui l’a aidé. Il ne le jette pas. Il cesse d’en avoir besoin mais est pleinement dans la reconnaissance de ce qu’il lui a apporté.

Ce dernier point, comme une cerise sur le gâteau vient parfaire le potentiel de liberté de celui qui est devenu abstinent.  

En cas de rechute

Malgré toutes ces précautions et délicatesses, si malgré tout la rechute survient il est important de savoir la considérer comme une indication que tout n’a pas été vu.

Plutôt que de la considérer comme un échec, il sera judicieux d’y voir une invitation à se rencontrer plus profondément.

Moins celle-ci sera stigmatisée comme la pire des choses, comme une faiblesse ou un manquement impardonnable, plus il sera aisé de l’accompagner et d’accomplir une aide plus profonde et plus efficace.

Plus l’accompagnement de cette rechute se fait tôt, moins elle sombrera dangereusement. Pour cela il est impératif que celui qui a rechuté puisse venir chercher de l’aide avec la tête haute. Cela n’est possible que s’il sait que sa rechute est plus une opportunité qu’une catastrophe et qu’il est assuré que celui qui va l’aider a le même regard.

S’il y a rechute c’est que quelque chose n’a pas dû être vu dans sa raison, n’a pas été vraiment réhabilité. Peut être aussi n’a-t-il pas correctement pointé ce que l’alcool lui a apporté ou a garder un peu de rancœur sur l’époque alcoolique ou sur l’alcool lui-même.

Bien sûr n’oublions pas le cas où une nouvelle situation de vie douloureuse réclame une béquille et où il ne s’agit pas d’un antérieur mal pacifié. C’est là une circonstance actuelle pénible  réclamant à nouveau une compensation. Cela lui permettra de s’en occuper plus vite avec une autre stratégie que la stratégie alcoolique. Pour cela il est impératif que le début de rechute ne soit pas condamné.

Il faut néanmoins comprendre que la tendance naturelle est de revenir à l’ancienne stratégie qui a autrefois apporté soulagement. C’est pourquoi il sera judicieux d’amener à faire l’expérience d’un soulagement  par un autre moyen.

Même quand le passé est en paix, il reste encore l’apprentissage d’un mieux vivre au présent. Celui-ci sera en grande partie amené par une plus grande qualité de la communication et une plus grande aptitude à l’assertivité.

Les autres addictions

Vous aurez bien compris en parcourant cet article que sur le plan de l’aide psychologique l’approche sera similaire pour toutes les addictions.
La différence portera surtout sur la prise en charge médicale de la désintoxication quand la substance utilisée est toxique et produit une accoutumance physiologique.

Sur le plan médical, s’occuper d’un malade alcoolique ou d’un toxicomane comportera des différences.

Sur le plan psychologique ce qui est décrit dans cet article sera par contre identique dans l’alcoolisme, la toxicomanie, la boulimie,  le tabagisme, la topomanie… mais aussi dans l’anorexie, les pulsions et  les tocs.

Le principal point est de considérer non pas «comment s’en débarrasser», mais plutôt «à quoi ça sert» avec un regard respectueux sur cette stratégie addictive qu’on prendra soin de ne pas considérer comme une erreur de comportement, mais comme un chemin permettant de se rapprocher de soi. Toujours garder à l’esprit ce fonctionnement antagoniste mais pertinent des pulsions de vie et de survie.

Nuances et résistances

Parfois une aide peut ne pas se dérouler comme prévu. Tout ce que j’ai évoqué ici n’est qu’une ligne directrice. Naturellement il s’y ajoute une infinité de nuances qu’on ne peut développer dans le cadre d’un simple article. Ces autres nuances sont d’ordre psychothérapique ou plus simplement dans le domaine de la communication
Dans tous les cas, je vous invite à ne pas considérer mes propos comme une technique. Il s’y trouve avant tout un état d’esprit.

Quand dans ce cheminement apparaît la moindre résistance de la part du patient, l’état d’esprit veut que cette résistance soit profondément respectée.

Si par exemple une personne alcoolique dit «je ne bois pas tant que ça!», sans ironie, l’aidant lui retournera «vous trouvez que votre consommation n’est pas excessive?» Pour comprendre ce genre d’aide lire l’article sur la reformulation. Cela amènera l’alcoolique à dire «si peut être un peu trop» plus facilement que si on essaye de lui expliquer qu’il a tort.

Si ayant reconnu sa consommation il dit «oui, mais je ne peux pas m’en passer»,  plutôt que de lui faire accepter qu’il faudrait quand même qu’il pense à une désintoxication, l’aidant lui proposera «vous en avez vraiment trop besoin?» afin de l’amener à trouver et dire plus précisément à quoi cela lui sert (sa raison).

Puis si sa raison est très intime et douloureuse il peut hésiter à la révéler. Par exemple un viol ou un inceste subit dans l’enfance peut être très délicat à révéler. Si la personne hésite, respectez son hésitation par «vous préférez ne pas en parler?», «c’est trop difficile à évoquer?»

Plus il y a de respect et de délicatesse plus la parole se délie.
Pour bien accompagner vous pouvez aussi lire l’article «le danger de convaincre» afin de bien comprendre que convaincre c’est détruire. Cela vous permettra de mieux vous ajuster face aux résistances.

Avec tous mes vœux…

Je vous remercie pour l’attention que vous avez accordée à mon article. J’espère que celui-ci aura, aussi modestement que ce soit, contribué à mieux vous faire comprendre la problématique de l’addiction et de l’alcoolisme.

Une contribution destinée à ceux qui ont pour métier d’aider autrui… mais aussi pour toute personne concernée, soit parce qu’elle est elle-même alcoolisée, soit parce qu’elle a dans son entourage proche une personne souffrant de cette addiction.

A toutes les personnes concernées j’adresse tous mes vœux de justesse et de succès dans leur approche. Les besoins sont importants. Dans ce domaine l’efficacité et la douceur sont particulièrement attendues.  

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