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Les syndromes de l’intestin irritable

Le syndrome de l’intestin irritable

Au Canada, 30 % des gens développeront le syndrome de l’intestin irritable (SII) au cours de leur vie.


Découvrez comment réduire les symptômes de cette condition inconfortable tant sur le plan physique que sur le plan social.


Le syndrome de l'intestin irritable


 SII= syndrome intestin irritable

Qu’est ce que le SII?
Le syndrome de l’intestin irritable, souvent appelé à tort colite muqueuse, névrose colique, colite spasmodique, et côlon irritable, est un trouble du fonctionnement et du mouvement des selles qui donne lieu à des douleurs abdominales importantes et à des selles anormales. Le SII est aussi confondu avec les MII (maladies inflammatoires de l’intestin), mais contrairement à ces dernières, le SII n’implique pas de dommage structurel à l’intestin.

Les symptômes les plus souvent rapportés en présence de SII sont les suivants :

·         Ballonnements et gaz
·         Besoin urgent d’aller à la selle
·         Constipation
·         Diarrhée
·         Changements dans la consistance habituelle des selles
·         Douleurs abdominales et crampes
·         Sentiment d’évacuation incomplète
 
Quelles sont les causes du SII?
Les causes du SII sont mal connues. À l’heure actuelle, quelques hypothèses sont proposées.
1.      La première stipule que les contractions de l’intestin des gens atteints du SII sont anormales et qu’elles occasionnent de la douleur et des changements dans la consistance habituelle des selles. Un intestin qui se contracte trop serait associé à la diarrhée. Plus précisément, la nourriture avancerait trop rapidement dans l’intestin pour permettre à toute l’eau contenue dans les aliments d’être absorbée, donnant lieu à des selles plus liquides. Par ailleurs, un intestin paresseux serait lié à la constipation et aux ballonnements.
2.      La seconde hypothèse suppose que l’intestin des gens atteints du SII est trop sensible. En effet, il semblerait que les individus soufrant du SII ressentent les mouvements de l’intestin, qui sont normalement imperceptibles, ce qui occasionnerait de la douleur.
3.      Il est possible aussi que les gens souffrant de cette maladie soient affectés par des perturbations de la flore intestinale, qui pourraient causer une diminution des bonnes bactéries et, par conséquent, une augmentation des taux de bactéries pathogènes. L’utilisation des antibiotiques et une infection gastro-intestinale pourraient faire partie des causes.
4.      Bien que le stress ne soit pas reconnu comme étant une cause directe du syndrome, il semble en accentuer les symptômes. En effet, le stress est reconnu pour activer les mouvements de l’intestin, et ce, même chez les individus ne présentant pas de problèmes gastro-intestinaux.
5.      Des allergies, des intolérances alimentaires ,de mauvaises habitudes alimentaires ou bien l’abus chronique d’alcool pourraient influencer l’apparition du SII.

D’autres causes sont suggérées:

6.      La quantité ou les habitudes d’exercice physique.
7.      La malabsorption des acides biliaires.
8.      Les anomalies des sécrétions gastro-intestinales.
9.      Les infections aigües ou l’inflammation de l’intestin (entérite), comme la diarrhée du voyageur.

 

Comment savoir si je souffre du SII?
Deux des symptômes suivants doivent être présents au moins 25 % du temps depuis 3 mois pour qu’un diagnostic de SII soit posé :
·         Modification de la fréquence des selles
·         Modification de la forme des selles (dures ou liquides)
·         Modifications au cours de l’évacuation (besoin urgent d’aller à la selle, difficulté à évacuer, sensation d’évacuation incomplète)
·         Gonflement du ventre
·         Présence de mucus dans les selles
 
Si vous pensez être atteint du SII, consultez votre médecin pour éliminer toute autre condition médicale et pour un traitement adéquat.

Quels sont les traitements pour le SII?
Certains médicaments sont prescrits pour soulager les symptômes du SCI. Ces médicaments ont pour but de diminuer la douleur en agissant sur les mouvements et les spasmes de l’intestin.
Le meilleur traitement du SCI reste encore la modification de l’alimentation. Les changements proposés visent surtout à diminuer les flatulences et les gaz, en plus de contrôler la constipation et la diarrhée.

En mangeant à des heures régulières des portions modérées et des aliments équilibrés et en se créant une certaine routine pour aller à la selle, certains symptômes peuvent s’améliorer.

Aliments à favoriser
Augmentez graduellement votre apport en fibres, particulièrement les fibres solubles. Il existe deux grandes familles de fibres: les fibres insolubles, présentes entre autres dans les grains entiers et le son de blé, et les fibres solubles présentes dans le psyllium, les fruits, les légumineuses et le son d’avoine. Soyez attentif à l’effet des fibres insolubles, puisque ces dernières peuvent être moins bien tolérées par certaines personnes et qu’elles peuvent même exacerber les symptômes, surtout chez celles qui souffrent de constipation.

Privilégiez: 

·         le psyllium (poudre ou flocons),céréales avec psyllium,
·         les céréales d’avoine,
·         le son de riz, de maïs d’orge et de seigle,
·         certains fruits comme la pomme, prune, orange, pamplemousse, fraise, framboise, bleuet, poire et banane,
·         la carotte et la betterave,
·         et n’oubliez pas de bien vous hydrater

De récentes études font un lien entre un changement dans la flore intestinale et le SII. En effet, l’altération de la flore aurait comme conséquence d’augmenter la formation de gaz par les bactéries pathogènes, d’initier des changements de la capacité motrice et sensitive de l’intestin, et plus d’activer des processus inflammatoires de l’intestin. Selon de récentes méta-analyses, la prise de certaines souches de probiotiques de la famille des bifidobacteries (souches infantis, lactis, animalis) aurait comme conséquence de diminuer les ballonnements, la distention abdominale, les gaz, la difficulté de défécation. De plus, la prise de ces probiotiques augmenterait le bien être général des personnes souffrant de cette condition.

Évitez les laxatifs pour traiter la constipation.
Cette pratique peut être nocive à long terme, car elle risque d’aggraver le problème en rendant l’intestin encore plus paresseux. De plus, les laxatifs peuvent entraîner des carences en vitamines et en minéraux, puisque les aliments passent trop rapidement dans l’intestin pour permettre l’absorption de tous les nutriments. Pour traiter la constipation, prenez plutôt l’habitude de consommer une variété d’aliments riches en fibres et allez à la selle dès que vous en ressentez le besoin.

Aliments moins bien tolérés
Bien qu’aucun aliment ne soit la cause directe du SII, certains peuvent en aggraver les symptômes. C’est le cas notamment des aliments suivants :
·         Les aliments trop épicés
·         Les aliments très gras (aliments frits, sauces à la crème…)
·         Les aliments qui causent des gaz et des ballonnements tels les légumineuses, les crucifères (brocoli, chou-fleur…), le maïs, les oignons et les pois. Les boissons gazeuses peuvent aussi avoir cet effet chez certains.
·         L’alcool et les aliments contenant de la caféine, du sorbitol et du fructose.
·         Certains produits laitiers riches en lactose.
·         Le glutamate monosodique (GMS).
·         Les fruits et légumes crus. ( Les fruits et légumes cuits sont mieux tolérés).
·         Une quantité élevée d’air avalé. Par conséquent, éviter de mâcher de la gomme, d’engloutir les aliments, de faire passer les aliments avec des liquides et de boire à petites gorgées des boissons chaudes.


·         Un mauvais ajustement des prothèses dentaires, un écoulement post-nasal chronique, de la douleur chronique, de l’anxiété ou des tensions peuvent également augmenter la quantité d’air avalé.

Puisque nous réagissons tous différemment aux aliments, il importe de vérifier sa tolérance aux aliments énumérés plus haut. Cela permet d’éviter de se priver inutilement de certains aliments et de mettre sa santé en danger. La tenue d’un journal peut aider à identifier les aliments moins bien tolérés. Cependant, il est conseillé de consulter une nutritionniste avant de retirer un groupe alimentaire à long terme.

Bien que le lait et les produits laitiers soient bien tolérés par la majorité des personnes atteintes du SII, il arrive parfois que ces aliments amplifient les symptômes. Si c’est votre cas, il est possible que vous soyez intolérant au lactose. Cela signifie que votre corps ne possède pas la lactase, l’enzyme nécessaire à la digestion du sucre du lait, le lactose. Vous trouverez sur le marché des produits conçus spécialement pour les gens intolérants au lactose. Par exemple, les laits LacteezeMD ou LactaidMD que l’ajout de lactase a rendus digestes pour tous. Il est aussi possible d’acheter des comprimés de lactase qui vous aideront à digérer le lactose. Votre médecin ou votre diététiste-nutritionniste sera en mesure de vous conseiller sur les meilleures façons de contrôler ce problème.

Si vous souffrez du SII, rassurez-vous, cette condition, quoique désagréable, n’est pas dangereuse. En plus des changements alimentaires, la gestion du stress et des émotions ainsi que l’apprentissage de techniques de relaxation et l’activité physique peuvent réduire les symptômes. Consultez votre médecin et demandez-lui de vous suggérer des méthodes efficaces pour contrôler votre stress. Si votre condition physique vous le permet, commencez graduellement à incorporer de l’activité physique dans votre journée, cela vous aidera non seulement à évacuer le stress, mais aussi à améliorer votre santé de façon générale.

Le SII ne pose pas de risque important pour la santé et n’est pas associé à une plus forte prévalence de cancer ou autre condition médicale. Par conséquent, les symptômes ne semblent pas s’amplifier avec le temps, quoique certains événements puissent parfois les exacerber. Et bien que le SII ne se guérisse pas, il est possible, en modifiant vos habitudes de vie, d’en contrôler les symptômes. Vous améliorerez ainsi votre qualité de vie. 

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