mercredi , octobre 28 2020

La Personnalité Psychopathique

Personnalité Psychopathique


La Personnalité Psychopathique
La psychopathie est un trouble du comportement caractérisé par le déni de l’individualité d’autrui et un comportement généralement impulsif et antisocial pouvant aller jusqu’au crime.
Le psychopathe est celui qui est atteint de psychopathie.
En psychologie, ce type de personnalité se caractérise par des conduites anti-sociales fondées sur des impulsions sans éprouver de culpabilité.
Ce sont en général des actes de délinquance, des mensonges ou le mépris du danger. La vie sociale est instable avec de nombreux changements professionnels, des absences ou des fugues. Les règles de la vie sociale et les valeurs sont enfreintes. Ces personnes sont enclines à infliger des mauvais traitements à leurs familles. Pour eux, manifester des émotions est un signe de faiblesse et de la déchéance de leur influence sur autrui.
Environ 3 % des hommes et 1 % des femmes sont touchés par le comportement antisocial. En général, un psychopathe est un sujet qui a sa propre vision du bien et du mal, qui n’est pas celle acceptée socialement, pouvant donner lieu à une multitude de manifestations singulières asociales, antisociales délictueuses ou criminelles à divers degrés.
Évaluation
L’entretien clinique reste l’outil privilégié du clinicien français. Néanmoins, il existe différents outils pour évaluer la psychopathie : malade mental
o    l’Echelle de Psychopathie de Hare et al. qui distingue deux grands facteurs : le premier concerne le détachement émotionnel et pathologique narcissique et le second les comportements antisociaux et d’impulsivité ; cela dit, au-delà de la quarantaine, ces derniers comportements ont tendance à décliner (l’âge serait donc un allié thérapeutique).
o    Le Rorschach, système intégré d’Exner, très utilisé dans ce domaine, a permis par exemple de dégager un pattern de réponses psychopathiques avec une mise en avant de caractéristiques narcissiques pathologiques (grandiosité et perception égocentrique de soi, omnipotence etc.) et un détachement émotionnel marqué (Ganaco, Meloy etc.).
D’autres chercheurs, grâce à l’utilisation du Rorschach-Exner, ont validé l’hypothèse d’un conflit entre haute valeur personnelle et image de soi détériorée (Réveillère, Pham).
Psychopathie et sociopathie
Selon Robert Hare, la différence entre psychopathie et sociopathie peut s’expliquer par l’origine du troubleLa plupart des sociologues, des criminologues et même certains psychologues pensent que le trouble s’explique par l’environnement social et préfèrent parler de « sociopathes ». Ceux qui, comme Hare, pensent que le trouble s’explique par une combinaison de facteurs psychologiques, biologiques, génétiques et environnementaux utiliseront de préférence le terme « psychopathe ».
La Personnalité PsychopathiqueSelon David Lykken la psychopathie et la sociopathie sont deux manifestations différentes du trouble de la personnalité antisociale. Il avance que les psychopathes naissent avec des caractéristiques psychologiques particulières comme l’impulsivité ou l’absence de peur, qui les conduisent à chercher le risque et les rendent incapables d’intégrer les normes sociales. Par opposition, les sociopathes ont un tempérament plus « normal »; leur trouble de la personnalité tient davantage à un environnement social défavorable (parents absents, proches délinquants, pauvreté, intelligence extrêmement faible ou développée). Ces deux troubles de la personnalité résultent d’une interaction de facteurs génétiques et de facteurs environnementaux, mais la psychopathie tient surtout à des facteurs héréditaires, tandis que la sociopathie tient surtout à des facteurs environnementaux.
Thérapeutique
La psychopathie est souvent décrite comme incurable ; certains facteurs ont néanmoins une influence sur l’efficacité des traitements des psychopathes : une capacité, même précaire, à mettre en place une relation d’alliance, une comorbidité dépressive ou des signes de dépressivité, une réceptivité aux relations familiales soutenantes.
On peut décrire brièvement plusieurs approches (dont on ne présume pas de l’efficacité) :
  • la médication dans un cadre thérapeutique dit « institutionnel ou communautaire » qui inhibent certains symptômes, comme l’agressivité.
  • la thérapie familiale peut permettre une réduction des récidives d’actes criminels en centrant la thérapie sur la gestion de la situation par les parents.
  • la thérapie communautaire qui se base sur le lien entre les membres du groupe, en se soumettant à l’autorité de ce groupe, par système de récompenses ou de sanctions. Une régulation thérapeutique se fait au sein des réunions journalières. Le groupe de recherche Darkstone propose ainsi un programme thérapeutique basé sur un environnement favorisant notamment la socialisation et la neutralisation des attitudes prédélinquantes.
  • Pour réduire les comportements impulsifs et antisociaux, on peut proposer une approche cognitivo-comportementale multiple : gestion de soi individuelle, travail sur les aptitudes sociales, prévention de comportements agressifs. Templeman et al. proposent par exemple une thérapie par jeux de rôle et opérationnalisation de problèmes pour traiter les distorsions cognitives.

  • La pauvreté des processus primaires et la manipulation spécifiques des sujets psychopathes ont amené les thérapeutes d’obédience psychanalytique à modifier le cadre afin d’apaiser les excitations ; il va s’agir ici d’être actif pour atteindre les conditions qui rendent possibles l’émergence de la pensée, des affects, de la représentation de soi entraînant une identification à l’autre et de l’empathie : le patient peut alors revivre les états traumatiques, cette fois sans effondrement, puisqu’il se sentirait conforté dans son narcissisme de base par le partage affectif de nature empathique de ses expériences avec le clinicien.


La Personnalité Psychopathique
On peut relever enfin que la plupart des auteurs s’accordent sur l’importance du contrôle, de la maîtrise et de la gestion des réactions contre transférentielles du thérapeute ; le risque étant pour ce dernier de se sentir dévalorisé, trompé, agressé, ou croire en une alliance thérapeutique qui n’existe pas ce qui entachera le projet thérapeutique.

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