mardi , octobre 27 2020

La Personnalité Borderline

Personnalité Borderline

La Personnalité Borderline

Le trouble de la personnalité limite (ou trouble de la personnalité borderline) est un trouble de la personnalité qui s’exprime par des humeurs changeantes, par des relations humaines délicates, par un manque de confiance en soi-même et aussi par des comportements auto-agressifs.

Personnalité

« Il s’agit de gens, pour la plupart des femmes, qui ont grandi avec le sentiment de ne pas avoir reçu l’attention et l’appui qui leur reviennent. Ils en sont révoltés et ils cherchent des chemins pour compenser cela dans leurs relations. Ils ont des attentes élevées et, quand leurs besoins sont à nouveau abandonnés, ils y répondent avec de la colère et du désespoir. »

    — John Gunderson, docteur américain
« Avoir une personnalité borderline n’est pas un drame en soi… car après avoir acquis une bonne conscience de ses vulnérabilités, les traits de personnalité d’hier générateurs de difficultés (trouble relationnel, chaos intense, sentiment de vide, rage, etc.) deviennent des générateurs de potentialités (intelligence émotionnelle, hypersensibilité, passion, authenticité, spontanéité, compassion, etc.). »
    — Dr Évens Villeneuve, Professeur agrégé Université Laval, Président du comité de l’admission au Programme de doctorat en médecine, Directeur adjoint du département universitaire de psychiatrie, Chef du Programme de traitement des Troubles sévères de personnalité, Institut universitaire en santé mentale Robert-Giffard
On retrouve souvent dans l’anamnèse une carence affective (ex.: absence du père), une maltraitance, des abus sexuels (pédophilie, viols).
Les éléments suivants, installés à l’adolescence, et de façon prolongée, peuvent évoquer une personnalité borderline :
  • sentiments de vide, d’ennui
  • sentiment d’être abandonné (peur irraisonnée de l’abandon)
  • dévalorisation
  • abus de substances (alcool, stupéfiants)
  • automutilations, conduites à risque (par exemple conduire en état d’ébriété, prostitution), tentatives de suicide
  • intolérance à la frustration
  • fragilité narcissique : extrême vulnérabilité au jugement d’autrui
  • difficulté à identifier et à réguler ses émotions (cyclothymie)
  • trouble du comportement alimentaire (anorexie, boulimie)
  • trouble voire refus de la sexualité
La Personnalité BorderlineLa personnalité borderline est parfois, mais pas toujours, associée à un trouble bipolaire. De brefs épisodes psychotiques (délires) sont possibles mais toujours de façon limitée dans le temps, parfois en rapport avec la consommation de substances toxiques. En aucun cas le trouble borderline n’est une schizophrénie.
L’évolution naturelle de ce trouble de la personnalité est l’apparition de symptômes à l’adolescence, et leur régression vers l’âge de 40 ans. Tout l’enjeu de la prise en charge est d’accompagner ces années de « jeune adulte » le mieux possible.
Plusieurs facteurs associés, qu’ils soient biologiques, psychologiques ou sociaux, peuvent contribuer au développement du trouble de personnalité limite.
FACTEURS BIOLOGIQUES
Aucun facteur biologique unique n’est directement lié à ce trouble. Par contre, les traits d’impulsivité ou la labilité affective, composantes majeures du trouble de personnalité limite, sont associés à des déficits de certains neurotransmetteurs. De plus, l’hérédité peut être en cause dans la présence de ces traits de tempérament ou de personnalité. Ces personnes présentent souvent une instabilité de l’humeur qui accentue leur vulnérabilité aux stresseurs.
FACTEURS SOCIAUX

La Personnalité Borderline
L’environnement familial et social de ces personnes a pu être ou peut être invalidant ou dysfonctionnel.
On peut retrouver également une fréquence élevée d’événements traumatiques subis au cours de leur vie tels que de la négligence ou des abus physiques ou sexuels.

Comportement social et couple

Les relations humaines du patient sont souvent très instables. Ceci est en rapport avec son image de lui-même troublée. Ainsi même des liens émotionnels intenses n’empêchent pas que la position vis-à-vis des membres de la famille, d’amis ou de partenaires soudainement tourne d’idéalisation (admiration et amour fort) en dépréciation.
Quand le patient croit être traité de façon injuste (que cela soit vrai ou non), il réagit souvent violemment et impulsivement et ne trouve, des jours et des semaines durant, pas d’issue à son univers d’idées de vengeance, de reproches vis-à-vis de lui-même et des autres ou même de haine de soi-même. Beaucoup de gestes des autres sont interprétés faussement ou qualifiés comme hostiles de par une sur-interprétation. Ils sont intensément analysés et examinés par rapport à leur contenu de « signaux ». La personne a des difficultés à interpréter justement le comportement des autres. Sa perception de l’autre est très changeante (« constance d’objet insuffisante »).
Il y a un rapport entre la peur d’être abandonné et la difficulté de se sentir émotionnellement lié à une personne-clé quand celle-ci est absente (« constance d’objet insuffisante »). Cela aboutit à un sentiment d’être abandonné et de n’avoir aucune valeur. Dans ces contextes, il peut y avoir des menaces de suicide ou des tentatives de suicide.
Critères diagnostiques du DSM-IV
Le trouble de la personnalité borderline est décrit comme
« un schéma envahissant d’instabilité dans les relations interpersonnelles, de l’image de soi et des affects, également marqué par l’impulsivité commençant chez le jeune adulte et présent dans un grand nombre de contextes. »
    — DSM-IV, axe 2
Selon le DSM-IV, il faut au moins 5 des 9 critères présents pendant un laps de temps significatif :
  1. Efforts effrénés pour éviter un abandon réel ou imaginé.
  2. Mode de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisées par l’alternance entre les positions extrêmes d’idéalisation excessive et de dévalorisation.
  3. Perturbation de l’identité : instabilité marquée et persistante de l’image ou de la notion de soi.
  4. Impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (par ex., dépenses excessives, sexualité, toxicomanie, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie ou d’anorexie)
  5. Répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires, ou d’automutilations.
  6. Instabilité affective due à une réactivité marquée de l’humeur (par exemple, dysphorie épisodique intense, irritabilité ou anxiété durant habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours)
  7. Sentiments chroniques de vide.
  8. Colères intenses (rage) et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère (par ex., fréquentes manifestations de mauvaise humeur, colère constante ou bagarres répétées, colère subite et exagérée)
  9. Survenue transitoire dans des situations de stress d’une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs sévères.

En somme, le trouble de personnalité limite est principalement caractérisé par:
  • l’instabilité de l’humeur
  • la difficulté à contrôler les pulsions, les actions, les agirs ou les réactions impulsives souvent néfastes
  • les relations interpersonnelles instables
  • une difficulté avec l’intimité
  • une dissociation et une méfiance importante en présence de stress.
Traitement

Plusieurs interventions peuvent contribuer à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes du trouble de la personnalité limite.

La Personnalité Borderline

Différentes approches thérapeutiques, de courte ou de longue durée, peuvent être utilisées :
  • psychoéducation;
  • psychothérapie individuelle;
  • thérapie de groupe;
  • intervention familiale;
  • pharmacothérapie.
Les objectifs thérapeutiques sont alors :
  • d’acquérir une meilleure connaissance de soi;
  • d’analyser, comprendre et modifier ses réactions impulsives;
  • de développer des stratégies pour mieux gérer ses émotions et sa détresse;
  • de développer des relations interpersonnelles plus harmonieuses;
  • d’améliorer sa qualité de vie.
Cependant, il n’existe pas de médicaments spécifiques pour traiter ce trouble. Dans certains cas, une médication peut être prescrite afin d’atténuer des symptômes difficiles à maîtriser, tels que :
  • l’anxiété;
  • la dépression;
  • l’impulsivité;
  • les variations de l’humeur;
  • la perte de contact avec la réalité.
Psychanalyse et états limites

En psychanalyse, la catégorie de trouble de la personnalité borderline est discutée, parfois refusée. Par exemple, Jean-Bertrand Pontalis remarque que certaines patientes hystériques de Freud auraient été, de nos jours, diagnostiquées comme état-limite. Néanmoins, il est admis que cette catégorie floue désigne la frontière entre névrose et psychose.
Ce schéma peut s’appliquer aux pathologies suivantes :
  • dépression
  • addiction, toxicomanie, anorexie, boulimie
  • pathologies psychosomatiques, pensée opératoire
  • névrose d’angoisse
  • névrose traumatique
Grossièrement, il est possible de définir certains traits caractérisant ces deux pôles que sont la névrose et la psychose. Le patient état-limite se situera entre les deux.
Jean Bergeret, cependant, considère l’état-limite comme une organisation à part entière, bien que moins structurée et plus floue que la névrose ou la psychose. L’étiologie du trouble borderline serait selon lui un traumatisme affectif précoce, agissant comme désorganisateur de la psyché, empêchant la maturation « normale » qui passe par la période de latence après le complexe d’Œdipe (rejoignant en cela les conceptions de Sandor Ferenczi).



Névrose
Psychose
Etat limite
Angoisse Angoisse de castration Angoisse de mort, angoisse de morcellement de perte d’objet
Défenses Refoulement, déplacement Clivage du moi, projection, déni dédoublement des imagos, forclusion
Relation d’objet Objet total, génitalité Objet partiel, relation fusionnelle anaclitique
Conflit Intrapsychique Ça / Réalité idéal du Moi / Réalité
Cette organisation psychique à la frontière, « entre deux eaux », suggère en fait que les théories de la névrose et de la psychose ne sauraient suffire. Ce sont de nouveaux champs d’études que les pathologies limites rendent indispensables : qu’il s’agisse de l’étude du narcissisme, de son implication dans la relation à l’autre, ou encore l’étude de la perception du temps, ou de la nature des traumatismes psychiques.

L’idée de frontière ne saurait donc éviter l’étude, l’écoute psychanalytique du singulier qu’apporte chaque patient

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